10.09.2005
La Orientation Week
Cette semaine, c’était la Orientation Week, durant laquelle on nous a principalement présenté les aspects pratiques relatifs aux études et à la vie dans la cité. Il y avait pas mal de choses que je savais déjà, mais il y a tout de même eu quelques moments amusants, comme ce cours dédié à la « communication interculturelle » et proféré par un professeur américain. J’y ai notamment appris qu’il était a priori dans le caractère finnois de considérer que l’opinion fait partie de la personne. Autrement dit : si vous contredisez quelqu’un, il risque de considérer que vous ne l’aimez pas. Les sujets de conversations des Finlandais quand ils n’ont rien à dire seraient principalement saisonniers : le temps qu’il fait (avec force détails), la cueillette des baies et des champignons … A priori, le Finlandais est attentif et ne coupe pas la parole inopinément. Il écoute le professeur et note ce qu’il dit, a tel point paraît-il qu’il en devient impossible de faire de l’humour. Il est ponctuel. Néanmoins, j’ai eu d’autres échos en provenance d’une Française qui a exercé près d’Oulu comme professeur assistante de Français : a priori, il lui est arrivé que des élèves téléphonent pendant son cours ou ne fassent leurs devoirs que quand ils en avaient le temps. Sinon, on a une heure consacrée aux dangers du plagiat.
J’ai eu un premier vrai cours cette semaine, dont le thème est la middle-class (Bürgertum, bourgeoisie) dans le monde balte au XIXème siècle, pour lequel j’ai déjà un essai à rendre à la fin du mois (je ne sais pas du tout quel sujet je vais traiter) et un exposé à faire pour le début du mois d’octobre. Céline a été tirée au sort pour faire son exposé le même jour que moi. Il n’y aura pas d’examen final pour ce cours, seuls l’essai et l’exposé comptent.
Premiers boutons de moustiques
J’ai eu deux boutons de moustiques locaux qui n’étaient pas plus douloureux que ceux des Français.
Notre coloc polonaise est arrivée. Elle n’est pas souvent ici, mais elle est finalement plutôt sympa. Elle ne reste que jusqu’à la fin du mois.
Assistanat de Français
J’ai participé jeudi matin à mon premier cours de Français en tant qu’assistante. Mon rôle est de compléter ce que dit la professeur, d’apporter des précisions de vocabulaire et de grammaire et d’aider les élèves à prononcer le Français. Ce n’est donc pas trop difficile. Il y aura aussi un travail par Internet, notamment des corrections de devoirs et une participation à un forum de discussion. Je pense que c’est aussi un bon moyen de rencontrer des étudiants finlandais.
La rémunération est de 12 euros par heure d’assistanat (en classe ou sur ordinateur) et 8 euros par heure de « self-study tutoring. » Cette dernière formule consiste à tenir une permanence et à attendre que les étudiants finlandais viennent nous demander de l’aide pour leurs devoirs (mais a priori, ils sont très timides.)
Balades à vélo
Avant-hier, j’ai acheté un vélo chez Emmaüs. Il est un peu grand pour moi et un peu cher (70 euros), mais je suis au moins assurée de sa qualité. J’ai aussi remarqué que certaines Finlandaises de ma taille relèvent excessivement leur selle : je suis donc à la mode ! Il possède des pneus neufs, deux lumières (une à l’avant et une à l’arrière), trois vitesses (c’est un système assez élaboré : elles sont intégrées dans la roue arrière) et un antivol intégré. Son seul défaut peut-être est de ne pas posséder de sonnette. Il est garanti un mois. J’ai acheté un panier en plastique que je fixe avec des tendeurs et dans lequel je peux mettre des courses ou un sac. Il est très agréable de se promener à vélo en ville. Je roule sur les trottoirs. En fait, je ne sais pas toujours où rouler : certains roulent sur la route, d’autres sur les trottoirs. Mais les trottoirs sont suffisamment large pour tout le monde, c’est fait exprès je pense. Il semble aussi que certains cyclomoteurs empruntent les pistes cyclables. Je m’habitue facilement aussi au freinage arrière par rétropédalage. J’ai aussi eu chez Emmaüs un bon casque pour trois euros (peu de gens en portent ici, mais moi je préfère, c’est plus rassurant.) Un détail un peu gênant tout de même : la clé de l’antivol ne peut en être enlevée quand il est replié. Impossible donc de le laisser accroché à un porte-clés !
Ces deux derniers jours, je suis allée à la fac en vélo (ou plus précisément, j’en suis revenue pour ce qui concerne la journée de jeudi.) Aujourd’hui, j’ai voulu aller au marché cet après-midi, mais je suis arrivée trop tard. Je suis donc allée me promener sur les quais avec mon vélo, j’ai emprunté le Föri, petit ferry gratuit qui fait traverser le fleuve aux cyclistes et aux piétons. J’ai voulu faire des photos du Suomen Joutsen depuis la rive d’en face, mais impossible d’y accéder, une zone portuaire et industrielle, puis une colline le cachent à la vue du quidam moyen. J’ai tout de même vu deux curieux bâtiments dans cette zone (je n’ai pas pris de photos, l’angle, n’était pas évident, mais je pense que je retournerai pour essayer) : un grand bâtiment cylindrique et une sphère faite de plaques de tôle d’où sortent un ou deux petits tuyaux.
La journée d’hier
Hier, j’ai ouvert un compte à la Nordea Bank et j’ai payé la facture pour avoir Internet chez moi. Détail amusant, dans les banques et ailleurs : ici, on prend un ticket avec un numéro qui indique notre tour de passage. Je pensais que cette pratique était obsolète, et bien non !
Je suis aussi passée au centre informatique de la fac acheter le câble nécessaire à la connexion. Je serai normalement connectée cette semaine. Les seuls soucis que j’aurais eus dans l’affaire auront été de trouver l’adresse physique de mon ordinateur et les prises Internet, savamment plaquées derrière mon armoire (nous nous y sommes mises à deux pour la pousser !)
J’ai trouvé à la fac un journal en Anglais, Six Degrees, qui traite entre-autres de la vie politique finlandaise et qui est publié à Helsinki, Turku, Tampere et Tallinn.
J’ai encore vu en ville des jeunes déguisés, avec des sacs poubelles cette fois. Je pense que c’était des étudiants. La connerie des corpos est vraiment internationale !
Je suis allée manger chez Liisa, il y avait Mélanie et Vanja et tout le monde parlait Anglais. Liisa nous a fait des pizzas maison, et en dessert nous avons eu droit à une crème chantilly maison avec de la confiture de fraise maison. Mmmmh !
J’ai voulu ensuite aller faire un tour à la fête de bienvenue pour les étudiants étrangers où était Kaj avec Mélanie et deux de ses voisins péruviens, mais sans mon invitation, je n’ai pas pu entrer. Tant pis. De tout façon, l’accueil n’était pas très sympa (gorilles souriants comme des portes de prison, et caissières peu conciliantes.)
Coup de barre
Mercredi, j’ai ressenti un gros coup de barre qui commence tout juste à passer. A priori c’est normal, c’est mon esprit qui travaille à force de ne pas entendre parler Français !
Anecdotes et curiosités
J’ai assisté à quelques scènes amusantes dans la rue cette semaine : une mère tenant littéralement son enfant en laisse (jamais vu ça !), et deux jeunes s’embrassant fougueusement qui ont suscité la réprobation choquée d’une vieille femme (il est vrai qu’en règle générale, les Finlandais sont peu démonstratifs dans ce domaine. Tout juste si on en voit parfois deux se tenir par la main ! Et encore, sont-ils vraiment Finlandais ? )
J’ai aussi par curiosité visité le magasin Prisma qui est près de chez moi. Je n’ai pas trouvé le rayon boîtes de conserve, mais en revanche, je pense que celui des friandises est un phénomène sociologique à lui seul. En effet, il occupe tout un rayonnage du magasin, peut-être sur une vingtaine de mètres, et toutes les générations viennent s’y servir avec gourmandise de toutes sortes de bonbons. Il semble d’ailleurs que la réglisse soit une des spécialités du pays, et Marie m’a dit que la Finlande était le plus gros mangeur de sucreries au monde.
Martial, si tu me lis, j’ai d’ailleurs trouvé dans l’Alko situé à côté du Prisma des bouteilles de Leffe (il y avait même de la bière française !) à 2,50 euros pièce.
En outre, je sais maintenant où trouver de la viande de renne : aux halles !
J’ai vu un joueur de cornemuse cette semaine à Kauppatori. Ce n’était pas le même que celui que nous avions vu avec Martial, et qui possédait un instrument avec un système de doubles poches d’air (j’aimerais bien savoir de quoi il s’agit. )
Globalement, on voit moins d’animaux de compagnie qu’en France, et toujours des chiens (de races qu’on voit peu chez nous.) J’ai tout de même entendu miauler plusieurs fois cette semaine dans mon quartier. Il y a en revanche de nombreux écureuils, et de beaux oiseaux que l’on ne voit pas chez nous.
Il y a aussi de nombreuses fleurs, champignons et baies (pas tous ni toutes comestibles !), même si déjà les arbres commencent à changer de couleur. L’automne approche !
Autres anecdotes : ici aussi, il y a Canal + ! Ce n’est pas sur le foot que la chaîne mise ici pour faire de l’audience, mais sur les match en ligue un de hockey sur glace !
J’ai lu dans mon survival guide qu’il y a en longues ondes une radio du service public qui diffuse des programmes en langues étrangères, latin compris !!! Il n’y a vraiment qu’ici (ou peut-être aussi au Vatican) qu’on peut voir (ou plutôt entendre) des choses pareilles ! Il va falloir que je la trouve, cette radio ! (Elle diffuse aussi des programmes en Français.)
Enfin, savez-vous ce que signifie « Ornela » dans ce charmant pays ? Non ? C’est « Paradis » !
De nombreuses personnes de tous âges pratiquent la marche nordique : il s’agit de marcher en s’aidant de bâtons de skis (on n’est pas toujours convaincu de l’utilité du système quand on voit faire certains ! )
Aujourd’hui, j’ai même vu deux personnes faire du roller avec des bâtons de ski !
Ma petite vie
Cette semaine, j’ai pu me connecter deux fois en wi-fi à la bibliothèque municipale, j’ai discuté avec papa et Manue. Martial m’a envoyé une carte postale de Brétignolles avec une fleur séchée du pays, ça m’a fait très plaisir ! Enfin, j’ai reçu une lettre de Carole ce matin accompagnée d’un article de Ouest France consacré à l’excellence des élèves finlandais. A tous, vous me manquez !
Ce soir, je suis bien seule : ma coloc polonaise est dans sa chambre (ou ressortie, je ne sais pas), et Ave est à Tallinn.
J’ai aussi eu des nouvelles de l’IEP, mais toujours pas de colis.
Ici, il fait encore beau, mais on sent que les températures baissent. Ce soir, aux alentours de 20 heures, le thermomètre indiquait 12 degrés. D’autre part, dès vingt heures, le soleil est couché.
Pourtant, la nuit, chose curieuse, j’ai chaud : j’éteins donc le chauffage et entrouvre la fenêtre pour aérer la pièce. Ave m’a confié faire de même.
Je pense supporter assez bien ce refroidissement : hier, j’étais sortie en simple sous-pull et il ne faisait pourtant pas très chaud le matin. En revanche, cet après-midi, j’ai apprécié que mon k-way soit là pour me servir de coupe-vent ! Autre précaution : je ne sors jamais sans foulard (j’ai trouvé deux jolis bandanas à un euro) ou écharpe autour du cou.
En ce moment, j’écoute de la musique française : mon DVD « Bretagnes à Bercy », EV (j’en ai fait une compil à écouter dans mon discman), et ce soir Saez et Thomas Fersen.
Hier, j’ai regardé Monthy Python Sacré Graal pour me détendre.
Côté gastronomie, j’ai aussi bien réussi mon plat de girolles à la crème fraîche que papa. J’en suis très fière !
J’ai aussi goûté du chou-fleur violet (c’est comme le chou rouge, sauf que c’est du chou-fleur.) Il a le même goût que l’autre, en légèrement plus fort peut-être. Il détint à la cuisson, mais on m’a assuré qu’il était sans colorant ! Il m’en reste encore (un chou pour moi toute seule, c’est beaucoup !), mais je le finirai cette semaine car il est vraiment bon.
Ma Rose de Jéricho m’a causé bien du souci : retirée de l’eau, elle n’avait toujours pas commencé à se replier 24 heures après ! Il lui a fallu presque quatre jours pour finalement sécher. J’en ai profité pour couper quelques unes de ses feuilles sèches ou pourries, et je crois que la prochaine fois je l’alimenterai à l’eau minérale (je ne sais pas si l’eau dure lui réussi très bien.)
Contrat d’études
Cet après-midi, je me suis plongée dans le casse-tête du contrat d’études. Il est possible que j’aie du mal à obtenir tous mes crédits, en outre, cette semaine, je vais avoir plein de cours qui se superposent (parfois, trois sont programmés sur le même horaire.)
J’ai décidé de commencer le Finnois directement au niveau 2, il est vrai que si j’ai encore du mal à m’exprimer concernant certaines choses spécifiques ou complexes, j’arrive à demander ma route ou certains produits de consommations en Finnois.
En outre, je comprends cette langue mieux que je ne la parle, j’ai même compris le sens général d’un article de journal cette semaine.
A priori, j’ai aussi de bonnes bases de grammaire, et même si l’alternance consonantique reste pour moi un grand mystère (j’ai l’impression qu’il y a des exceptions à la règle, ou bien c’est la méthode Assimil qui est incomplète), Liisa me dit que même les Finnois font des erreurs dans ce domaine, et que connaître l’existence de cette règle est déjà la preuve d’un bon niveau de grammaire. Me voilà donc rassurée !
J’ai surtout peur de manquer de vocabulaire, mais si je suis avec des gens qui ont un niveau supérieur au mien, je pense que ça pourra me stimuler. En outre, ça me permet de gagner du temps dans mon apprentissage.
Comme j’ai manqué le premier cours de Suédois à Abo Akademi (je n’étais pas au courant), j’espère qu’il reste de la place à l’Université Ouverte pour ce cours, et qu’il sera effectivement gratuit.
Ce qui m’étonne au final, c’est le peu d’heures de cours hebdomadaires que j’aurai (hormis la première, et aussi la deuxième semaine qui sont plus chargées, sans être pour autant surchargées.) Je suis néanmoins déjà en train de me demander comment je vais faire pour déjeuner lundi, puisque j’ai des cours de 10h à 16h sans interruption (vendredi, c’est aussi le cas, mais jusqu’à 15h.) J’espère que j’arriverai tout de même à trouver un moment pour manger un sandwich.
Ici, une heure de cours dure en fait 45 minutes.